N.E.R.T.I.

Dans une situation de danger, on a cru mourir (consciemment et/ou inconsciemment). Depuis des phobies ou des peurs irrationnelles nous rendent la vie très inconfortable. NERTI est une méthode de libération émotionnelle, pour se détacher de ses peurs. Avec cette méthode il s’agit d’intervenir non pas sur le psychisme mais sur les sensations physiques associées à la peur. On est libéré de l’émotion de la peur parce qu’on travaille sur les sensations qui se manifestent avant la peur psychologique.

Une pratique liée au corps, aux sensations corporelles

La méthode NERTI s’adresse au cerveau instinctif ou reptilien.
Ce cerveau ultra-rapide, bien plus rapide que celui de la pensée (le psychisme), est celui qui fait réagir de façon réflexe pour vous protéger (si vous approchez trop près d’une d’une flamme vous reculez instinctivement, si une goutte de liquide dangereux jaillit vers vos yeux vous les fermez avant qu’elle ne vous atteigne, si au volant d’une voiture vous faite face à un danger vous freinez avant de penser etc etc).
Parfois nous devons faire face à des situations difficiles dans lesquelles notre vie est considérée par notre cerveau reptilien comme en danger de mort. Trois façons de réagir se mettent en place : l’agression, la fuite, la sidération (qui est une façon de faire le mort pour ne pas être touché).
Dans ces moments le système reptilien, qui fonctionne en mode binaire (danger de mort imminente / sécurité) analyse souvent à bon escient la situation, sonne l’alarme en quelque sorte ce qui enclenche une des trois réactions et arrête l’alarme (fin de sa mission), dès que la vie a été protégée et le corps mis en sécurité. Or il arrive qu’en quelque sorte l’alarme reste enclenchée, même si le danger est écarté.
C’est à dire que le message de fin de mission n’est pas assimilé clairement. Ce qui fait qu’une situation similaire, même avec un danger moindre que la situation initiale mais qui y ressemble d’une façon ou d’une autre, va enclencher une sur-réaction. L’évocation du souvenir suffit même à réenclencher la peur, à travers des sensations physiques très désagréables (palpitations, gorge qui serre, maux de tête, maux de ventre, fourmillements…)
De plus lorsque ces sensations désagréables ressurgissent, l’on déploie des efforts pour ne pas se laisser envahir par elles et on essaie de les bloquer. Ce qui fatigue et finit par fabriquer et installer la peur de cette peur. Et nous vivons avec la peur de la peur de la peur que ceci se manifeste à un moment dans lequel nous ne pourrions pas contrôler : cela fait un cercle vicieux très inconfortable et anxiogène, qui bien souvent fait baisser l’estime de soi, ce qui enclenche d’autres inconforts à d’autres niveaux.

Comment cela se passe concrètement dans une séance :

D’abord bien sûr, une discussion préalable permet d’estimer si cette approche est pertinente.
Puis la première étape (après une explication du principe) est d’apprendre à distinguer l’émotion de la sensation.
Cela présuppose de se relier à cette intelligence qui est capable d’observer le processus en nous. (Cette technique est d’ailleurs issue de la pratique de méditation Vipassana qui signifie "voir les choses comme elles sont" )
Dans le cadre sécurisant de la relation d’aide, avec la certitude rationnelle que l’on ne va pas mourir puisque le danger réel est écarté depuis longtemps il est possible de ne pas laisser les émotions prendre le pas.
Je suis toujours impressionné de la rapidité avec laquelle les personnes que j’accompagne apprennent à faire la distinction entre sensation et émotions, et reste bien centrée tout le temps de l’expérience. (elle découvre un aspect important de la méditation sans le savoir... et une façon nouvelle de rester tranquille)
Une sensation c’est une information corporelle dénuée de psychologie en quelque sorte : çà pique, çà serre, çà opprime, çà chauffe, çà tremble etc. C’est vraiment quelque chose qui se passe, c’est observable et ressenti corporellement.
Une fois cette distinction bien faite, il s’agit de rester dans cette observation et de décrire les sensations au fur et à mesure. Dans ce processus, on laisse les sensations évoluer à leur gré. Souvent plusieurs séquences sont utiles (dans la même séance).
A un moment donné, en quelques secondes la peur est traversée (sensation observable) et le cerveau réalise qu’il n’y a vraiment plus aucun danger. Il arrête instantanément et définitivement de sonner l’alarme à mauvais escient. Les sensations initiales ont perdu leur intensité anormale.
Reste ensuite à vérifier si des sensations se réactivent ou pas en évoquant à nouveau le souvenir d’une situation passée. Et si c’est le cas à intégrer tranquillement l’absence de déclenchement de sensations et d’émotions... Quel soulagement !